Il est très possible à un pratiquant de yoga - hatha yoga, raja yoga et même yoga nidra – de pratiquer pendant des années tout en restant dans le mental. Le mental est fort pour cela, il sait très bien faire. On pratique sans jamais bousculer l’ego, sans même commencer à l’atteindre. Avec le karma yoga, c’est tout simplement impossible. Le karma yoga nous place face à nous-mêmes avec une rigueur et une précision absolues. Pour certains, le stade de la révolte ira jusqu’au rejet de la méthode, et cela quelle que soit la tâche demandée. Le karma yoga est un yoga très malin, et c’est sur lui que repose le principe de la vie yoguique. Faire un séjour de vie yoguique, c’est choisir une aventure à notre portée, et vérifier où nous en sommes de notre parcours. Quelle place laissons-nous finalement à l’expérience intérieure dans notre vie ? Comment l’abordons-nous et quelle confiance nous faisons-nous pour en traverser les écueils ? Le séjour de vie yoguique c’est un peu tout cela à la fois. Grâce à l’observation mise en place, nous pouvons réellement intégrer une véritable leçon de lâcher prise. C’est ainsi que j’ai senti, profondément, qu’une nouvelle étape était franchie et que la petite musique du karma yoga se poursuivrait dans mon quotidien.
Etre dans l’attention : j’ai aussi découvert l’impact en moi de cette capacité d’attention. Après plusieurs stages au centre Satyananda, je venais à ce séjour sans attente particulière, connaissant déjà la place du karma yoga dans l’enseignement dispensé au centre. Malgré ma fatigue à l’arrivée, les journées m’ont semblé fluides et j’ai apprécié de retrouver des visages souriants déjà croisés l’an passé. Les pratiques incluaient une sadhana et je m’en suis réjouie. J’ai ressenti au fil du séjour un véritable investissement et compris que la vie yoguique est aussi une école d’humilité. Pourtant, et ce n’est pas la moindre force de cette technique, si le karma yoga porte l’observation à un niveau subtil, il véhicule par là-même une bonne dose d’humour et cela rend cet enseignement profondément humain.
Séjour en mars 2008 |