La vie quotidienne est le lieu d'expression de l'homme, et ses moments de gloire ne peuvent retenir qu'une infime parcelle de sa vie. L'homme est son quotidien. Aussi devrait-on s'y pencher avec amour et attention. Chaque geste, chaque pensée, chaque action renferme en lui-même un monde de découvertes.
Si l'on admet que le seul propos du Yoga est la Connaissance de Soi, il faut aussi reconnaître que cette connaissance doit exister dans toutes les manifestations de l'être.
Depuis la façon dont on aborde un jour nouveau, puis tout ce jour, on parle, mange, travaille, rencontre, s'isole, dans chacun de nos actes actifs ou passifs, il y a matière à se comprendre, prendre conscience de ses limites, de ses peurs, de ses envies et de ses désirs, de ses jalousies et de ses ambitions, de ses attractions et de ses répulsions.
L'intention d'apprendre, d'apprendre de soi, doit nous travailler sans relâche, pour nous permettre d'observer sans faiblesse et sans compromis toute la complexité humaine.
Il nous faut comprendre dès le début qu'il n'y pas à vouloir changer quoi que ce soit à ce qui est vu, perçu, sous peine de briser nos chances d'apprentissage.
En effet, tout projet d'amélioration de soi ne peut qu'engendrer une image idyllique et plate de soi qui n'a rien à voir avec soi. Là est toute la difficulté : comment voir ce qui est, sans le changer en ce qui devrait être et se briser à tout jamais la capacité de connaître la réalité. |
"L’Ordre ne peut naître que de l’intérêt que l’on va porter au désordre. Mais cet intérêt doit être d'une telle intensité que l’on pénètre au sein du désordre intérieur. Tous les événements que nous vivons, les actes manqués, les oublis, les maladresses, les conflits intérieurs et extérieurs, sont les expressions d’un décalage dans la personnalité. Ainsi, toute situation de désordre devient extraordinairement expressive. Chacun d’entre nous a son lieu de désordre, qui est aussi le lieu privilégié du travail spirituel." |
"Si l’envie de trouver la vraie communion est absolument présente en nous, nous apprenons de chacune de nos relations. Ce qui importe, ce n’est pas de changer l’autre mais de se voir en train de renforcer son propre moi. Nous devons d’abord constater qu'il nous isole, qu’il nous empêche d’établir une relation vraie. Ensuite, avec la force de l’amour, nous arrivons à réajuster notre mode de relation, nous cessons d’alimenter le mécanisme de l’ego. Nous commençons progressivement à vivre une qualité de relation qui se rapproche de la communion. Communion veut dire rencontre avec quelqu’un qui est étranger, différent. On aime l’autre pour ce qu’il est et non pour ce qu’il nous apporte." |