L’objectif du yoga est l’épanouissement de l’être intérieur. Sa méthode ne sera pas la même que celle des chrétiens, des bouddhistes ou bien de ceux qui empruntent le chemin du zen ou une autre voie.
Pour comprendre ce que signifie une démarche yoguique, il nous faut parler de son processus, le but étant la réalisation du Soi. Le yoga est très logique, systématique et progressif. Ce n’est pas une mystique. Il n’implique ni croyance ni dogme. Il part du réel et se base sur l’expérience. Il commence par un simple constat, le même que celui de la science moderne : l’homme est fait d’un corps et d’un mental qui nécessitent de l’énergie pour fonctionner.
Le mental se singularise par toutes ces capacités que sont l’intelligence, la logique, la mémoire, l’ego, et aussi la vaste sphère des émotions. Le yoga considère qu’il y a en chaque homme quelque chose de plus grand que le mental connu, qui appartient à la Conscience supérieure ou à l’Esprit. La science contemporaine et le yoga partent du même principe de base : corps, mental, énergie. La science yoguique pousse la définition plus loin et dit que l’être humain est constitué de plusieurs corps, les koshas, des enveloppes ou fourreaux, et elle en distingue cinq.
Le premier est celui que l’on nomme le corps de nourriture, le corps physique et on l’appelle anamayakosha, je donne les noms en sanskrit à titre indicatif. Le second, moins tangible, s’appelle le corps d’énergie ou énergétique, c’est pranamayakosha. Le troisième corps plus fin est le corps mental manomayakosha, le quatrième, encore plus subtil, est le corps psychique ou intuitif, vijyanamayakosha, et enfin le dernier, anandamayakosha, le corps de félicité, au-delà de toute définition. Voilà comment est conçu l’homme selon le yoga et ces enveloppes interagissent et s’interpénètrent les unes avec les autres. Il n’existe pas un corps séparé que l’on pourrait explorer tout seul. Tous font partie d’un ensemble. Vous et moi avons ces cinq corps selon la définition yoguique.
Le yoga part de cette définition de l’homme et se demande comment on va s’y prendre pour arriver à l’union yoguique, la réalisation de l’être complet. Très pragmatique, il propose d’atteindre le but en suivant un processus précis qui recouvre un travail systématique sur ces différents corps. Ainsi, chacun d’eux peut s’affiner, évoluer, se transformer afin de réaliser le but ultime que l’on s’est fixé. Cela signifie que l’on ne parle ni de Dieu, ni du Soi ou de l’Absolu. Cette réalité existe sans aucun doute, mais si nous voulons la vivre, l’expérimenter, il nous faut des outils, d’autres moyens de perception et de connaissance que ceux que nous avons actuellement. Notre « quête de sens » est légitime , mais elle doit s’engager dans une transformation objective, sinon elle ne sera qu’une hypothèse et ne servira à rien d’autre qu’à ajouter un nouveau rêve à tous ceux que nous avons déjà. Ainsi, si nous voulons réaliser « l’être », utilisons l’outil que nous sommes et essayons de l’améliorer, de le transformer pour qu’il devienne progressivement le sujet et l’expression de notre quête et non une chimère. Le yoga suit pour cette raison une méthode. |