Cependant, une sadhana n'apportera réellement des résultats que si elle est maintenue suffisamment longtemps, sans fixer un terme à l'effort consenti. Pour forer un puits, il faut creuser jusqu'à atteindre le niveau de l'eau. Mais on peut aussi s'arrêter très vite, en prétextant qu'il n'y a pas d'eau à l'endroit choisi ou que le matériel utilisé n'est pas adéquat. La sadhana est cet outil qui va creuser en nous, jour après jour, pour nous ouvrir l'accès à notre être intérieur. Bien qu'une certaine adaptabilité soit souvent nécessaire, il faut conserver un noyau de pratiques identiques. A défaut, la sadhana ne remplira pas son rôle premier qui est de discipliner le mental. Le fait de répéter le même processus permet de dépasser le stade de l'automatisme et du savoir, et d'approfondir les perceptions de soi, jusqu'à atteindre les sphères psychique et spirituelle. Pour définir le contenu de notre séance quotidienne, il est souhaitable d'associer différentes techniques yoguiques, dans le but de nourrir et d'unifier les trois composants de la personnalité, corps, mental et esprit. |
La dernière caractéristique est la confiance. Il ne s'agit pas d'un sentiment aveugle mais d'une certitude née d'une compréhension véritable du yoga. Ce qui importe est la conviction d'atteindre notre objectif en suivant la sadhana que nous avons choisie. De là émerge les qualités de sincérité et de désintéressement. Ce n'est pas un marché et nous n'en attendons pas un gain immédiat. Les fruits que nous pourrons récolter, nous les aurons le moment venu et d'une façon qui nous échappe pour l'instant. Dans un tel état d'esprit, il n'est plus question de doute ou de déception. |
Le fait même d'installer et de maintenir ces qualités de la sadhana peut changer la dynamique de notre vie. C'est un support permanent et indispensable, et c'est la porte menant à l'expérience du yoga, en tant que présence intense et authentique à tout notre vécu.
Mais lorsque Patanjali évoque abhyasa, il ne spécifie pas qu'il s'agit d'un moment précis pendant lequel nous nous adonnons à la pratique, en respectant des conditions particulières. Nous devrions considérer notre existence entière comme une sadhana, si nous aspirons à la paix et à une inspiration supérieure. Certains principes et des méthodes concernant cette perspective élargie seront abordés dans un prochain article intitulé : « Faire de sa vie une sadhana ». |